Louis Fournier présente
Virieu en Dauphiné

 

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Galoches_Inauguration_009

 

Louis Fournier

Virieu

Création d'un lieu de mémoire

en mémoire de la galoche !

 

   

 

C’est dans le souvenir de ce qu’ont fait les aïeux, que l’on prend pleinement connaissance d’une région.

En 1912, Anselme Terrasse ainsi que ses beaux-frères Félix et Antoine Blanc décident de s'installer à Virieu-sur-Bourbre dans un ancien couvent de religieuses. Cela sera le début d’une grande aventure industrielle. Et quelle aventure ! La fabrication de galoches.

 

   

 

Les Galoches étaient déjà utilisées par les Gaulois sous le nom de "Gallica ". D'après le moine Saint Gall, l'empereur Charlemagne auraient apprécié ces chaussures. Les Galoches sont des chaussures composées d'une semelle en bois nommée "galochon" ou « bois de galoche » au-dessus de laquelle est pratiquée une rainure périphérique « la fouillure », permettant d'insérer la partie supérieure en cuir appelée "tige". L'ensemble est "monté" par clouage.

 

   

 

Déjà, en 1822, Benoît Guillaud-Bataille, cultivateur-galochier et en 1831 Pierre Chamard-Guttin, galochier et marchand d’épices participent à la confection de ces chaussures, tout comme de nombreux habitants de la région. Début des années 1900, Eugène Gonin à Virieu, M. Frappat à Bilieu, M. Degoud et Célestin Chaboud à Valencogne, fabriquent artisanalement des galoches.

 

   

 

Des galochons sont fabriqués, à la scierie Rabatel, laquelle est située au pied du château de Virieu. Elle est actionnée par l'énergie hydraulique d’un ruisseau et lorsque le débit est trop faible en été, à l’aide d’une machine à vapeur alimentée avec les déchets de sciage.. La production de la scierie n'est pas uniquement destinée à l'usage local. En effet les expéditions par voie ferrée les transportent par milliers de paires, dans la région Rhône-Alpes et parfois plus loin encore. En 1919, Anselme Terrasse fait venir son frère Camille dans le but de créer une fabrique de semelles de bois pour approvisionner la galocherie. La matière première provient de Saint-Antoine-l'Abbaye en troncs, et débitée pour être façonnée grâce à des machines spéciales. Parallèlement, à Oyeu, dans les années 1920, Valéry Meunier-Carus donne naissance à son entreprise pour exercer ce métier. Toute la famille participe pour débiter les billes de hêtre et de frêne provenant du massif de Chartreuse.

 

   

 

Par ces premières opérations de sciage, les "ébauchons" obtenus préfigurent la semelle. Suite à un séchage d'environ trois mois, ces derniers sont travaillés pour donner leurs formes et leurs pointures définitives. Certains galochons comportent une rainure en forme de gouttière sur le chant du talon, destinée à recevoir le câble d’un ski ; la galoche devenait alors une chaussure de ski. Au début, tout était exécuté avec des outils à main, puis apparaissent des machines adéquates. On note que la production s'élève à 200 paires de " galochons" par jour. Le tout est expédié dans la région Rhône-Alpes et vers la galocherie de Virieu. A la même époque M. Pegoud à Le Pin confectionne, lui aussi des semelles en bois dans un petit atelier. Au Grand-Lemps, ville voisine, Georges Lacroix et son épouse fabrique artisanalement des galoches dans un atelier situé de la maison du célèbre artiste-peintre Pierre Bonnard.

 

   

 

A l’intérieur même de la galocherie, les divers éléments formant la partie supérieure de la galoche sont découpés dans le cuir à l'aide de tranchets. Pour cela les « coupeurs » suivent le contour de patrons métalliques. Plus tard une presse permettra de découper les différentes parties de cuir à l’aide d’emporte-pièce métalliques. L'opération de couture des différentes pièces entre elles est confiée aux femmes, nommées les « piqueuses ». Ceci se fait à domicile dans de nombreux foyers de la vallée de la Bourbre, des machines à coudre adaptées sont mises à leurs dispositions par la galocherie. L’assemblage final de "la tige" sur le galochon par les monteurs se fait aussi à domicile par les « monteurs ». Ces derniers viennent prendre à la galocherie les divers éléments à assembler. C’est le cas d'Adolphe Gally de Châbons qui chaque vendredi, livre ses 72 paires de galoches.

 

   

 

Le monteur pose sur la semelle de bois une « forme » en bois correspondant à la pointure de la galoche à réaliser. Cette forme est composée de plusieurs parties de façon à pouvoir être extraites une fois le montage terminé. La « tige » en cuir est déposée sur la forme et tendue à l’aide d’une pince de galochier. Quelques pointes assurent la tension, avant que le monteur cloue toute la périphérie en enfonçant les pointes jusqu’au fond de la rainure de la semelle de bois. Pour ceci il utilise un marteau spécial pour enfoncer les pointes qu’il a stocké dans sa bouche. L’opération de clouage terminé, le surplus de cuir est découpé à l’aide d’un tranchet tout le tour de la semelle. Puis une opération de teinture du bois en rouge ou en noir vient finir ce travail. Tout au long de la journée et jusqu'à des heures avancées de la nuit, on pouvait ainsi entendre dans les villages, le bruit caractéristique des marteaux qui enfoncent des milliers de pointes. Un signe révélateur de l’importance de l'industrie de la galoche est l’approvisionnement des pointes qui représente parfois un wagon entier en gare de Panissage.

 

   

 

Charles Guillaud marchand de chaussures, a débuté sa carrière comme "monteur- galochier" au sein de la société MIRELLA une autre galocherie de Virieu. Les associés Messieurs Pégat et Blanchin en étaient les patrons. En 1948, la société émigra à Saint-Genix-sur-Guiers où elle continua un temps à produire des galoches. Parallèlement Auguste Guigard, lui aussi « monteur – galochier » dans la même société se mit à son compte comme galochier durant quelques années.

 

   

 

La production de galoches emploie plus d'une centaine de personnes dans la vallée, celles-ci forment en juillet 1945 « L’Union Syndicale des Galochiers de Virieu. » Malheureusement, à partir de 1950, l’usage des galoches tombe en désuétude et, en 1959, la galocherie Blanc-et-Terrasse doit fermer ses portes, sanctionnant ainsi la fin d’une activité dont on a encore du mal aujourd'hui, à mesurer l’ampleur et l’importance.

 

   

 

La tradition orale perd par la même, tout doucement la mémoire de cette belle aventure industrielle, la municipalité de Virieu a la judicieuse idée ainsi que l’opportunité de permettre que soit préservé le souvenir de cette activité en créant un lieu de mémoire relatif à l’activité de la fabrication des galoches au sein du canton de Virieu. Quel bel hommage rendu aux ancêtres qui ont œuvrés à la confection de celles-ci.

 

   

 

Lieu de mémoire

Regard sur un ancien atelier

Esquisses du lieu Mémoire

Mise en place

Installation des machines

Semelles en bois

Gabarits de découpe

Geste professionnel

Outils de galochiers

Patine du temps

Table du galochier de Virieu

Semences et rivets

Couture et lacets

Graisses et cirages

Semelles durant la guerre

Des galoches à traîner

Vues d'ensemble du lieu

Visite du Maire de Virieu

Premiers visiteurs

Inauguration du lieu

Buvards publicitaires

Factures et enseignes

Catalogue d'époque

Galoches en musique

Vidéos

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interviewé par Michèle Caron
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Portraits d'Isère

   

 

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