Anna de Noailles
« J’écris pour que le jour où je ne serai plus on sache comme l’air et le plaisir m’ont plu » Anna de Noailles
Anna de Noailles, créatrice du prix Fémina
Issue d’une grande famille roumaine, la princesse Anna de Brancovan est née à Paris en 1876. Elle épousera en 1897 le comte Mathieu de Noailles. C’est comme Comtesse de Noailles qu’elle viendra rendre visite au château de Pupetières, sur la commune de Châbons, à sa belle-sœur Elisabeth de Noailles qui avait épousé le marquis Wilfrid de Virieu.
Au faîte de la gloire, Anna de Noailles sera élue membre de l’Académie royale belge de langue et de littérature française et l’Académie française lui décernera le grand prix de littérature. Elle fut la première femme à recevoir la cravate de commandeur de la Légion d’honneur. C’est à Pupetières, dans le « Vallon de Lamartine », qu’elle marchera dans les pas du poète Alphonse de Lamartine un siècle plus tard. Elle y trouvera l’inspiration de ce beau moment de poésie intitulé « Les Éblouissements » paru en 1907.
Son recueil « Les méditations poétiques », apporte au poète sa gloire, notamment la méditation cinquième intitulée « Le vallon » qu’il écrivit suite aux séjours qu’il fit chez son ami Aymon en juin et juillet 1819. Ce poème fut écrit en souvenir de Julie Charles, qu’il avait rencontrée à Aix-les-Bains en 1816, morte de la tuberculose l’année suivant leur rencontre. Lamartine profondément marqué écrira peu après le poème « Le Lac ».
Extrait
Dans ce vallon tintant de fraîcheur argentine
J’ai mis mes faibles pas dans vos pas, Lamartine,
Et je vais, le cœur grave et le regard penché,
Sur les chemins étroits où vos pieds ont marché.
Le vallon, entre ses coteaux
Que parfument de molles menthes,
Comme un vase aux parois charmantes
Contient la liquide douceur
De cent petites sources sœurs.
On entend bruire la course
De ces joyeuses, folles sources !
Elle créera, en 1904, avec un groupe de femmes dont Julia Daudet (épouse de l’écrivain Alphonse Daudet), Judith Gautier (fille de l’écrivain Théophile Gautier), ; le prix littéraire « Vie heureuse » que nous connaissons maintenant sous le nom du « Prix Fémina » attribué pour la meilleure œuvre française écrite en prose ou en poésie. A l’encontre du prix « Goncourt » qui consacrait exclusivement des hommes, le prix « Fémina » est toujours composé d’un jury composé uniquement de femmes. Décédée en 1933 à Paris, elle aura droit à des funérailles officielles, son corps repose au cimetière du Père-Lachaise. Son cœur sera inhumé dans le village de Publier, entre Evian et Thonon en Haute-Savoie. Un monument à sa mémoire a été érigé par l’association « Des amis d’Anna de Noailles » sur les bords du lac Leman où elle venait en famille passer chaque année plusieurs mois.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.