Virieu en cartes postales
De la photographie à la carte-postale
En 1813, Nicéphore Niepce reproduit la première image photographique sur plaque de cuivre recouverte de bitume de Judée. En 1869, Louis Daguerre réalise la première vue qu’il perfectionne et commercialise quelques années plus tard. D’abord, seuls les membres des classes aisées peuvent faire réaliser leur portrait. Les premiers souverains photographiés sont Napoléon III en 1859, Victor Emmanuel de Savoie en 1861… A partir de 1863 entre en œuvre Félix Tournachon ; dit Nadar, l’un des plus grands photographes de l’époque par ses innovations.
En 1872, Jules Fesser – ami du peintre Jongkind – alors cuisinier au château de Pupetières, sera le précurseur des photographes dans la vallée de la Bourbre. Ses clichés sont fort appréciés : des portraits des habitants de Virieu et bien sur du peintre Jongkind, mais, aussi, chose nouvelle, des paysages, comme le château et ses environs. La coutume fut vite adoptée, pour les grandes occasions – communions, mariages, périodes militaires … – de se rendre en famille chez le photographe. Les chambres photographiques, avec plaques de verres étaient difficilement transportables.
En 1886, Jean Bonin de la commune de Châbons, alla se former à Voiron et revint au pays ouvrir son propre studio, qui fut repris en 1944 par son petit-fils Jean Vaudaine. C’est à Châbons, que ce dernier réalisa dans les années 1950 des cartes-postales d’une manière artisanale sur papier photographique. L’édition de ce type de cartes était très limitée tout au plus une centaine d’exemplaires par type de vue. Plus tard il édita de nombreuses cartes-postales de la vallée de la Bourbre, qu’il fit imprimer industriellement. Parallèlement à Panissage, Jean-Marie Manon, s’installa lui aussi comme photographes en 1919, et à son tour réalisera les portraits des habitants de la vallée de la Bourbre et immortalisera les grands évènements de chaque famille.
Les premières cartes-postales utilisées en France datent de 1873. A cette date, et pour la première fois, deux types de cartes postales sont mis en vente dans les bureaux de poste. La carte postale est alors réduite à ses plus simples expressions, sans illustration, avec pour seule fantaisie une frise encadrant la partie réservée à l’adresse du destinataire et portant le timbre d’affranchissement. Le verso est réservé à la correspondance. Ce n’est qu’au début de 1904, que la poste réglementera à nouveau le mode de correspondance. Désormais, le recto est divisé en deux parties, celle de droite réservée à l’adresse du destinataire, celle de gauche destinée à la correspondance. Le verso est entièrement consacré à l’illustration.
La carte postale était fabriquée en collant trois feuilles de papier, les deux extérieures étaient imprimées en une seule couleur à dominante grise, bleutée ou sépia. Parfois l’épreuve originale était coloriée aux pochoirs ou aux pinceaux avant d’être imprimé en couleur. Dans les années 1960, les cartes postales semi-modernes, bien que de moindre qualité artistique et porteuse d’une plus faible charge émotionnelle que leurs aînées, ont souvent un intérêt technique indéniable. C’est l’époque des changements urbanistiques, des nouvelles constructions industrielles.
De nos jours la carte postale moderne bénéficie d’une double révolution technique : révolution de l’impression dont les procédés se dispenseront bientôt de tout recours aux films de photogravure et révolution de la prise de vue, avec des appareils photographiques numériques aux qualités graphiques en progrès constant, et aux capacités de stockage croissantes. Parions que les œuvres ainsi réalisées deviendront des objets de convoitise tout aussi passionnants pour les générations de collectionneurs.
© Texte extrait de l’ouvrage « Virieu en Dauphiné, des hommes et des histoires » avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Les commerces
État du village dressé par l’administration municipale de Virieu le 29 pluviôse de l’an 7, (17 février 1789) :
« L’activité du village, est composé d’un marchand en détail de quelques aulnes de draperie, dont le commerce est presque nul ; un autre qui, s’il vend un peuplier, n’a aucune autre propriété que sa maison et une nombreuse famille ; deux tailleurs vendant parfois, dans l’année quelques aulnes d’étoffe ou de drap. Des soit disant aubergistes, logeant fortuitement, cinq à six voyageurs dans l’année, et parmi eux une veuve donnant seulement à coucher un jour de foire, par an, et desquels, la principale profession est d’être cabaretier, ou boulanger ; des quincailliers dont tout le commerce est de vendre quelques ferrailles et quelques couteaux, et en travaillant principalement à faire des souliers, un blatier et un soit disant marchand de grains qui voiturent cinq à six charges de blé, à dos de cheval et en emploient tout le profit à acheter une partie du fer nécessaire à leurs travaux agricoles ; de pauvres serruriers qui ont à peine de quoi vivre de leurs travaux ; de pauvres charpentiers, menuisiers ou charrons qui n’ont aucun magasin de bois propre aux constructions et qui ne travaillent que celui qu’on leur fournit, et la plus grande partie du temps à journée. Des cabaretiers qui dans l’espace d’un mois vendent à peine dix à douze bouteilles de vin. Un individu, qui n’a été qualifié d’entrepreneur de bâtiments que relativement à sa grande intelligence dans son état, et parce qu’il prend quelque fois, sans néanmoins aucune fourniture de matériaux de sa part, à prix fait la construction de la charpente d’un bâtiment où d’une usine, et qui n’est à proprement parlé qu’un meilleur charpentier et un plus laborieux ouvrier que les autres. Enfin un autre individu qui n’est qu’un tisserand qui achètera trois ou quatre vaches dans l’année pour les revendre au marché voisin en y allant vendre ses toiles…. »