Une cartonnerie
Il n’est pas nécessaire d’être né à Virieu pour être Viriaquois dans l’âme, l’exemple de Jacques Guyot se trouve dans la lignée des nombreuses personnes qui ont marqué le village par leur arrivée. La liste en est longue ; depuis les sœurs de la providence venu de Corenc, les franciscaines de Lons-le-Saunier, les religieuses Ursulines de Pologne, les familles de galochiers Blanc, Terrasse et Gally de Saint-Symphorien-d’Ozon, l’ancien maire de Virieu René Brutillot, de Besançon, le facteur Marius Clavel de Savoie, le menuisier Thomas, de Grèce, Claude Oddoux industriel, de Vizille … jusqu’aux nombreuses familles d’immigrés arméniens, italiens, portugais, nord-africains tous ont en commun d’avoir eu un jour à quitter leurs pays natals et de se retrouver, après des fortunes diverses, dans la vallée de la Bourbre.
Originaire de Champagne, Jacques Guyot y fit ses premières armes dans la « transformation du carton » avant de venir en 1955 à Grenoble occuper le poste de Directeur technique dans ce métier. En 1961, il crée à Virieu une cartonnerie sur le bord de la rivière dans l’ancienne usine de tissage désaffectée. Un savoir-faire maîtrisé par peu de ses concurrents, qui lui permet de remporter des marchés importants ayant fait l’objet d’appel européens. De nombreuses collaboratrices aux « doigts de fée » œuvraient pour assembler les modèles de caissettes, véritables petits bijoux de cartons, dont l’assemblage ne pouvait être exécuté que manuellement. Et c’était par camions entiers que celles-ci quittaient la « Cartonnerie Moderne des Alpes ». Pas moins de deux mille tonnes de carton en plaques, étaient nécessaires annuellement pour approvisionner les machines pilotées par ordinateur. D’une capacité de productions de douze mille caisses à l’heure, elles nécessitaient une noria de camions, pour répondre à l’approvisionnement en flux tendu des équipementiers de l’automobile ou des industriels de l’alimentation.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.