Johan Barthold JONGKIND

« Continue d’être toi-même, rien d’autre »
Johan Barthold Jongkind
Jongkind dans la vallée de la Bourbre

Au début de l’été 1873, Jongkind arrive en gare de Châbons (Isère), c’est la première fois qu’il vient dans le Dauphiné. Il est attendu au Hameau de Mallein sur la commune de Virieu. Il accompagne son amie Joséphine qui vient rendre visite à son fils. Au cours de l’année 1871, le jeune Jules avait rejoint son père pour travailler à ses côtés dans les cuisines du château de Pupetières, propriété de la famille De Virieu. En 1872, il épouse Pauline, la fille du régisseur du château, avec qui il s’installe dans une maisonnette du hameau de Mallein qui surplombe le château. C’est dans cette maisonnette qui domine le château de Pupetières, que Jongkind et Joséphine passeront désormais tous les été de 1873 à 1878. Celui que les enfants appellent «  le Père jonquille » arpente la vallée de la Bourbre et plante aquarelle au fil des sentiers et de son inspiration des centaines d’œuvres.

Jongkind a peint de nombreuses vues de la vallée de la Bourbre, de Châbons à Virieu, en passant par Burcin, Blandin ou Panissage. Il a sans doute choisi de se consacrer à la peinture de paysage sous l’influence d’Andreas Schelfhout, peintre paysagiste hollandais, son professeur à l’Académie Municipale de La Haye.

Ici, le peintre mène une existence paisible, bien entouré de Joséphine et des siens qui sont devenus au fil du temps sa famille d’adoption. Il ne tarde pas à se lier d’amitié avec les habitants du hameau : Garampon, le jardinier du château, le garde chasse, Madame « Lagarde », la nourrice des enfants Fesser, ou encore les paysans qui cultivent les champs aux alentours.

« … Cette année, comme l’année précédente, j’ai été quatre mois dans le Dauphiné, entre Lyon et Grenoble, où j’ai trouvé la nature splendide … »

Lettre de Jongkind à son ami peintre Eugène Smits, Paris, 1875

Jongkind et Joséphine Fesser avaient pris l’habitude de passer l’été dans la Vallée de la Bourbre et l’hiver à Paris. Le 17 août 1874 l’artiste aquarelle la place du Trêve dans le bourg de Virieu. C’est à son retour à Paris qu’il en exécutera une huile sur toile dans son atelier de la rue de Chevreuse.

En août 1878 Jules Fesser achète une propriété à La Côte-Saint-André, « la Villa Beauséjour ». La maisonnette du hameau de Mallein à Virieu était devenue trop étroite pour le foyer. C’est peu à près que toute la famille et Jongkind migrèrent à La Côte-Saint-André.