La Halle de Virieu
Un fracas d’enfer. Grand branle-bas dans le village de Virieu le samedi 17 août 1793, la halle de Virieu vient de s’écrouler. Il faut dire qu’elle était très vieille cette halle, on n’en connaissait même pas la date de construction. Peut-être bien au XVème siècle. Les évènements révolutionnaires ayant tourmenté les finances, il y a bien longtemps que l’on ne se souciait plus de son entretien.
C’est le 26 août suivant que les gravats seront vendus aux enchères publiques. La période post-révolutionnaire, puis les guerres napoléoniennes ruinant l’économie du pays, la commune n’aura pas les moyens de reconstruire ce bâtiment, pourtant indispensable. Son absence fera grandement tort aux foires et occasionnera même la ruine du marché qui s’y tenait.
Au cours de l’année 1815, les travaux de reconstruction se réalisèrent, le Marquis de Langon, propriétaire du château de Virieu, souscrira pour la somme de 300 francs, Madame de Gouteron pour la même somme, Le maire, les deux notaires, les boulangers, au total vingt six personnes souscriront. Même les deux francs produits par la vente de l’arbre de la Liberté planté en 1792 lui seront consacrés. On ignore à ce jour pour quelle raison la halle fut reconstruite avec quatorze piliers, deux supplémentaires ayant été rajoutés sur sa largeur. Celle ci devait être à l’origine d’une seule portée.
En 1886, la mairie située à l’angle de la rue du château et de la rue de la Halle, se trouvant dans un état de délabrement avancé, le maire proposera l’idée d’une construction en lieu et place de la halle, d’un édifice soutenu par des colonnades. Plus contesté fut le projet, en 1903, d’abriter la station d’étalons sous les halles. Projet vite abandonné.
Le 17 avril 1893, le marché qui siégeait sous la halle est déplacé sur la nouvelle place de l’église ; suivront les foires du 20 avril, du 4 juin et de la Saint Catherine. Actuellement la halle sert de lieu d’animation culturelle et de collecte des noix ramassées dans la vallée de la Bourbre à l’occasion de la foire de la Sainte Catherine vers le 26 novembre.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.