La maternité

Jusque dans les années 1940, les naissances se faisaient la plus-part du temps à domicile, aidé en cela par les voisines, par des sages-femmes ou par le médecin du village. En 1941, compte-tenu du contexte de restrictions de la circulation et du rationnement des carburants imposés par l’occupant allemand. Et aussi de la distance séparant Virieu des maternités de Bourgoin et de Voiron toutes ces raisons ont emmené Marius Colomb à créer une maternité dans la vallée de la Bourbre.

C’est au numéro 23 de la rue du stade à Virieu, en lieux et place du Maréchal-Ferrand Joseph Chassignieux, que Marius Collomb fera construire en 1943 un édifice – d’une facture audacieuse pour l’époque – destiné à devenir une maternité. C’est son épouse Yolande, qui tiendra cet établissement, ayant exercé jusqu’alors aux Abrets son métier de sage-femme. Cette maternité possédait tous les aménagements à l’égal des cliniques d’alors, salle d’accouchements et chambres adaptées.

Avant son ouverture les naissances enregistrées sur la commune de Virieu s’élevaient à cinq en 1941, trois en 1942 et à six en 1943. La maternité drainera à Virieu les habitants du canton, les registres de l’état civil du village montreront un pic significatif des naissances qui s’élèveront à cinquante-quatre naissances en 1944, cinquante en 1945 et quarante en 1946. Mais les contraintes normatives qui se mettent en places au lendemain de la Seconde-Guerre mondiale, et le nombre assez faibles d’accouchements réalisées, ne permirent pas à la maternité d’être rentable et viable et elle fermera ses portes en 1947. Alors les naissances enregistrées sur les registres d’état civil de Virieu retomberont au nombre d’environs cinq par ans.

Pour la petite histoire quelques dizaines d’années d’année plus-tard, André Bouchayer, descendant du grand industriel grenoblois Joseph Bouchayer fondateur de l’entreprise Bouchayer-Viallet viendra y habiter, et y finir ses jours.

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.