L'aviateur PEGOUD
D’apprenti boucher à pilote d’avions
Au numéro 63 de la rue Carnot à Virieu, Louis Chabert tenait son activité de Boucherie-Charcuterie et c’est entre 1906 et 1910, qu’il prendra son filleul comme apprenti : un parcours plutôt banal pour un enfant issu d’une famille d’agriculteur – ne pouvant continuer ses études – que de débuter sa vie professionnelle comme apprenti-boucher. La modeste boutique située à l’angle de la place de l’Eglise a dû lui paraître bien petite, lui qui rêvait d’aventure.
Le métier de boucher n’étant pas sa voie de prédilection, il laisse alors son parrain et Virieu pour s’engager dans l’armée afin d’y réaliser ses rêves. C’est ainsi que le jeune Adolphe Pégoud, né le 13 juin 1889 à Montferrat (Isère) découvre le Maroc et l’Algérie. Affecté ensuite à Satory près de Paris, il reçoit en 1911 son baptême de l’air. Sa vocation de pilote était née ! En 1913, son engagement terminé, il quitte l’armée en tant qu’aide-mécanicien d’aéronautique.
Rendu à la vie civile, il n’a de cesse de vouloir piloter. Il atteint enfin son but en obtenant son brevet de pilote en 1913 après seulement six mois d’école à Bron. C’est le 1er septembre 1913, qu’il effectue un vol « sur le dos », une acrobatie aérienne inédite ! Vingt jours plus tard, c’est le premier « looping » avec un avion Blériot.
Rappelé sous les drapeaux en août 1914, il participe aux balbutiements de la guerre aérienne. En février 1915, au cours d’un même combat, il abat deux avions ennemis, obligeant le troisième à atterrir. Il fait rapidement partie des as de la chasse. Pégoud est alors âgé de 26 ans. Mais, le 31 août 1915, au cours d’un combat, seul à bord de son Neuport contre un avion ennemi servi par son pilote et son mitrailleur, il est mortellement touché. Son avion s’écrase près du village de Petit-Croix, près de Belfort. Sa notoriété était telle, qu’en apprenant sa mort, ses adversaires reviennent sur le lieu du combat pour lancer une gerbe sur laquelle on peut lire : « A l’aviateur Pégoud, tombé pour la Patrie, hommage de l’adversaire ».
©Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.