Le garde champêtre

Garde champêtre

La loi du 8 juillet 1795, ordonnant l’établissement de gardes champêtres dans toutes les communes rurales de la république, Virieu, nommera son premier garde champêtre l’année suivante le 3 juillet 1796 ; le citoyen Benoît Bourjal, est nommé garde champêtre de Virieu, le citoyen François Pegoud, de la commune du Pin, Pierre Guillaud de la commune de Blandin et François Charvet habitant Virieu est nommé garde champêtre des forêts de la Sylve Bénite. Il semblerait que ces nominations, ne firent pas l’unanimité parmi les élus des communes concernées : car en juin 1797, l’administration municipale, alertée par les plaintes de presque tous les propriétaires de ce canton concernant l’inexactitude des gardes champêtres, dans l’exercice de leur fonction, et que les dits gardes-champêtres des huit communes devenaient non seulement inutiles, par le fait, mais étaient encore une surcharge, à pure perte aux contribuables de ce canton.

Le 7 juillet 1799 une pétition des citoyens de la commune de Virieu demandant le rétablissement d’un garde champêtre dans la commune pour veiller à la conservation des biens des propriétaires. L’administration municipale, considérant la bonne vie et mœurs du citoyen François Barbier, et que l’étendue de la commune est assez grande pour occuper un garde champêtre dans l’exercice de ses fonctions, présente ledit François Barbier à l’administration centrale, et l’invite à l’agréer pour garde champêtre. Il lui sera payé la somme de 300 francs valeur 1790, par an.

L’année suivante, le maire et l’adjoint vu que la publicité donnée aux lois et arrêtés des autorités, par l’apposition des affiches et le son de la caisse, ainsi que la transmission des ordres ou réquisitions de la mairie aux citoyens exigent l’établissement d’un commissionnaire ou « mandeur ». A cet effet, le citoyen André Doublier, est nommé « mandeur », ses appointements seront de 36 francs par an. A charge pour lui de venir prendre en maison commune les paquets et affiches, ou à publier au son de la caisse, et prendre et recevoir les ordres de la mairie pour les transmettre aux citoyens. Il devra balayer une fois par semaine, la salle des séances.

Le 24 juin 1809, le maire et les adjoints de Virieu rappellent que la conservation des propriétés est mise sous la surveillance des municipalités, des gardes champêtres par la loi sur la police rurale. Que toute dégradation commise sur les haies ou clôtures des propriétés rurales est un délit soumis à une amende de la valeur de trois journées de travail et même à la détention suivant la gravité des cas. Que l’insouciance ou la mauvaise fois des conducteurs des troupeaux tant de vaches que de brebis dans les chemins publics, qui se permettent de laisser brouter les haies vives à besoin d’être dénoncé à la surveillance du garde champêtre établi dans la commune. Celui-ci étant spécialement chargé d’y veiller.

Le 19 novembre 1816, le maire dit que depuis longtemps il lui a été reporté des plaintes contre François Rajasseur, garde champêtre de la commune. Soit en raison de ce que les propriétés de cette commune n’étaient point ou étaient mal gardées, soit en raison de sa conduite immorale. Le maire demande qu’il soit remplacé par François Commandeur, militaire retraité, sans pension, porteur de certificats très honorables et jouissant de la réputation d’homme de probité et d’honneur, qui connaît d’ailleurs parfaitement les propriétés, étant né dans la commune de Virieu. Sensiblement à la même époque, malgré les exhortations que le maire a faites aux aubergistes, cabaretiers et boulangers de ne point servir à boire et à manger pendant les offices des fêtes et des dimanches et après 10 heures du soir, ils ne cessent d’être en contravention. L’indulgence dont il a été usé jusqu’à ce jour, n’a fait que les encourager à enfreindre les règlements. Il résulte de l’inobservation des règlements une impiété et une démoralisation qui ne peuvent se soutenir, que de la naissent des disputes et rixes, dont ne cesse de donner l’exemple cette commune. Les aubergistes, cabaretier et boulangers sont seules coupables de tout ce qui arrive, parce que s’ils refusaient du vin pendant les offices et aux heures indues, la tranquillité régnerait dans la commune, tandis que le paisible particulier est toujours dans l’inquiétude pendant les nuits par le bruit qui se fait dans les rues. Il est de nouveau expressément défendu à tous les aubergistes, cabaretiers et boulangers de servir à boire et à manger les jours de fêtes et dimanches pendant les offices et les vêpres et après dix du soir.

 

Le 3 juin 1840, depuis longtemps, des plaintes nombreuses et réitérées sont portées sur la négligence que le garde champêtre, apporte dans son service ; que sur beaucoup de points il se commet nombre de dégâts dans les propriétés particulières et que l’impunité encourage les auteurs de ces délits ; qu’il est prouvé que le garde champêtre fréquentait habituellement les cabarets et que cet état de chose ne peut subsister plus longtemps. Le maire, propose de le faire remplacer immédiatement par Antoine Louvat actuellement garde particulier de la terre de la Silve Bénite, lequel jouit de l’estime générale, et pourra entrer en fonction le 24 de ce mois. Le conseil approuve ce choix et nomme Antoine Louvat garde champêtre.

Le 19 juin 1843, le maire de Virieu, signale que les dimanches et les jours de Fêtes principalement, les joueurs de boules encombrent la voie publique et rendant la circulation difficile et même dangereuse, au point que plusieurs personnes frappées de coups de boules ont porté plainte. Le conseil arrête qu’il est expressément défendu de jouer aux boules, aux quilles et d’autres jeux, qui peuvent compromettre la sûreté de la circulation dans les rues de Virieu et sur la place du temple, les dimanches, fêtes et jour de foire et autre jour de circonstance particulière.

Le 19 décembre 1840, il est expressément défendu aux personnes de tous âges et de tous sexes de glisser sur des traîneaux dans les rues de Virieu. Le garde champêtre est chargé de toutes les contraventions au présent règlement qui sont punis d’une amende de 1 à 5 francs outre l’emprisonnement en cas de récidive. Ces peines sont applicables aux parents, comme civilement responsable de leur enfant mineur.

Le 14 janvier 1923, le conseil prend un arrêté réglementant la vitesse des voitures automobiles et des motocyclettes à 10 KM à l’heure dans la traversée de l’agglomération de Virieu. En août 1931, nouvelle disposition, il est fait placer aux différentes routes d’accès à l’entrée du bourg des panneaux indicateurs réglementant dorénavant la vitesse des voitures à 15 Km à l’heure.

 

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.