Le pilote Emile Billion du Plan
La grande demeure située place du Trêve à Virieu cache pieusement le souvenir d’un illustre et méconnu de ses occupants. Rien ne prédisposait le jeune Emile Billion du Plan, né à Virieu le 3 avril 1882, au destin qu’il devait connaître. Son père, originaire de Oyonnax, avait été nommé à Virieu « receveur de l’enregistrement.».
La vallée de la Bourbre a dû paraître bien vite trop petite pour Emile, puisqu’à vingt ans il décide de s’engager au 19ème régiment de dragons. Son désir d’aventure est très vite exaucé. Affecté au Maroc, il y reçoit son « baptême du feu », en servant sous les ordres du général Lyautey. Capitaine, nommé commandant de l’escadrille n°65 le 3 mai 1916, il a sous ses ordres le pilote Nungesser, as de la chasse, qui totalisera à lui seul 43 avions ennemis abattus durant la 1er Guerre mondiale. Nungesser disparaîtra à bord de son avion l’Oiseau blanc, au-dessus de l’Atlantique Nord en 1927, en essayant de réaliser la première liaison Paris-New-York sans escale.
Emile Billion du Plan reçoit sa première décoration en 1913, avec la mention suivante : « Depuis le début de la guerre, se montre aussi bon observateur qu’il a été excellent officier de cavalerie ; a fait preuve au cours de trois combats aériens en un mois, de la plus grande bravoure. Le 30 juillet 1915, a attaqué 4 avions ennemis, a atteint l’un deux, l’a poursuivi dans ses lignes, en descendant jusqu’ à 700 mètres au dessus des batteries spéciales qui le canonnaient et l’a forcé à atterrir sans avoir pu jeter ses bombes ». Décoré de la Légion d’honneur le 28 novembre 1916, avec la mention : « s’est montré dans l’aviation un observateur et un pilote de chasse plein de bravoure et de sang froid. A livré plus de trente combats aériens, au cours desquels il a abattu trois avions ennemis. Déjà cité trois fois à l’ordre de l’armée ».
Il trouve la mort en pleine guerre, le 29 avril 1917, lorsque son avion s’écrase au retour d’une mission de chasse à Bonne-Maison en Normandie. Il repose au cimetière de Virieu.
©Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.