Un hospice

C’est dans le courant de l’année 1881 que l’archiprêtre de Virieu voulant procurer aux malades de sa paroisse des soins matériels, a établi dans le bourg du village, des religieuses Franciscaines gardes-malades, dont la maison mère était à Lons-le-Saunier. Il avait organisé pour elle une modeste pharmacie qui devait leur procurer le moyen de pourvoir à leur entretien sans faire appel à la générosité des gens, déjà surchargés par les exigences du moment. Après deux mois d’exercice, un jeune pharmacien diplômé, venait fonder à son tour une pharmacie à Virieu. Les sœurs Franciscaines durent se retirer. La famille de Virieu résidant alors au château de Pupetières, proposa d’installer les hospitalières dans le château de Virieu que personne n’habitait

Plus tard en 1890, Wilfrid de Virieu, achètera un immeuble dans le bourg, rue de Barbenière, qu’il fera transformer en hospice auquel il sera donné le nom « d’hospice Sainte Magdeleine ». Cet hospice sera confié à la congrégation des sœurs Franciscaines. En 1923, devant l’extrême précarité des cinq sœurs gardes-malade, la municipalité de Virieu votera une subvention pour les aider dans leurs actions, mais celle-ci ne recevra pas l’approbation du Préfet de l’Isère. En 1954, l’hospice était en très mauvais état et ne répondait plus au minimum de confort exigé, malgré les soins des religieuses pour y apporter le plus d’hygiène possible. Il comptait seulement huit lits dans une salle commune. Il devenait insuffisant pour le pays, et de plus, n’accueillait que seulement les femmes. Un projet de construction d’un hospice fut mis à l’étude. En 1959, devant le manque de vocations et de recrutement de religieuses, les sœurs Franciscaines seront rappelées au siège de leur congrégation. La perte fut énorme pour les villageois et le départ de celles-ci fut durement ressenti, tant elles avaient tissé des liens forts au sein de chaque famille.

Quant au bâtiment de l’ancien hospice de la rue de Barbenière il sera offert au franc symbolique à la commune par M. François Henri de Virieu en 1991. Ce geste n’est pas sans rappeler celui d’un de ces lointain aïeux – Guillaume de Virieu-Pupetières, chanoine de Saint Maurice-de-Vienne – qui en 1371 soit 620 années plus tôt, donna par son testament une maison qu’il avait achetée dans le bourg de Virieu pour en faire un hôpital, auquel il assura une rente de 25 Livres viennois.

C’est en janvier 1970, que le feu vert sera donné par l’autorité de tutelle pour la mise en route du chantier de construction d’une maison de retraite à Virieu, son ouverture se fera en août 1972. De nos jours, la maison de retraite « Les Tournelles » souvent modernisée fait la fierté du village et accueille les anciens de la vallée de la Bourbre.

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.