L'hôtel COLOMB
L’Hôtel Colomb à Virieu
Il est au cœur du village de Virieu un bâtiment qui n’en finit plus de mourir et qui offre aux regards de chacun l’attristant spectacle d’un passé révolu. Mais il y avait de l’espoir, c’est en 2024, qu’un projet semblant viable est déposé pour la transformation du bâtiment en logements …
Et pourtant cet édifice à connu ses heures de gloires. C’est d’abord sous le nom « d’Hôtel Brochier » qu’il accueillera les voyageurs au milieu du XIXème siècle. Initialement ne possédant qu’un seul étage, il se verra adjoindre un deuxième pour répondre à un afflux croissant de clients. Virieu possédait alors trois hôtels. Sa condition de Chef-lieu de canton, en faisait un centre de rencontres important. Les Conseils de révision, la justice de Paix cantonale, et tous les services territoriaux et administratifs drainaient une foule considérable de personnes tout au long de l’année.
Les deux foires annuelles, dont la plus importante dite « La foire aux noyaux » ou de « La Sainte Catherine » aux alentours du 25 novembre, voyait affluer dans le bourg plus d’un millier de personnes, cultivateurs, fermiers et commis de fermes. Ces derniers profitaient d’une exceptionnelle journée de repos pour venir s’habiller au chef-lieu et y faire la fête. C’est plusieurs cochons et une dizaine de dindes qui étaient sacrifiés ce jour là et préparés dans les cuisines de l’hôtel.
Dans les années 1900, l’hôtel possédera une voiture hippomobile, une sorte de petite diligence, qui faisait les navettes pour ses clients en gare de Virieu. C’est sensiblement à cette époque que Jean Colomb, reprendra l’établissement, puis plus tard son fils « Robert ».
L’hôtel accueillera durant les années noires de l’occupation de 1940 à 1944, des juifs en errances, puis des petits réfugiés du midi de la France que leurs parents éloignaient des villes bombardées par l’aviation alliée. Des générations de mariés, de communiants, de banquets de nombreuses associations, et de touristes lyonnais s’y sont restaurées, au cours de repas pantagruéliques. Le Chef Robert Colomb, avait porté bien haut la renommé de cet établissement qui était même cité dans le célèbre Guide rouge Michelin parmi les hotel-restaurant recommandés.
Dans les années 1990, après le décès de « Robert », l’hôtel désaffecté sera vendu, puis revendu. La grange et remise des chevaux pour les voyageurs seront détruites. Le jardin acquit par la commune sera aménagé en un parking doublé d’un petit square baptisé en grande pompe durant l’été 2007 du nom de l’artiste peintre Jongkind. Celui-ci venait à Virieu durant les étés de 1873 à 1878. Lui qui était une fine fourchette, a sans doute – après ses nombreuses séances de travail sur le motif – du se régaler avec les fameux « Galets de la Bourbe ». Cette spécialité de l’auberge réalisée d’une pâte à choux cuite au four, ayant une forme oblongue, garni de quenelles, de ris de veau et d’olives vertes et servi avec une sauce Mornay.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.