Luc Barbier

« Mon frêle bonheur tient sur une pointe de crayon, j’anime le papier, je fais parler le métal, je grave l’Aventure Humaine pendant que le monde continue à vivre son aventure … » Luc Barbier

Luc Barbier artiste-peintre dans la vallée de la Bourbre

En 1942, pour parfaire la restauration de la chapelle de Notre-Dame de Milin, il est demandé à Luc Barbier et à Robert Rolland d’illustrer dans le cœur l’épopée de trois croisés et de chaque coté de la nef, de représenter les madones fêtées dans la région. Pour la fresque de l’abside, les artistes peignent un diptyque à effet de perspective. Trois chevaliers français, assaillis en Méditerranée par une violente tempête, promettent, s’ils en réchappent, de bâtir une chapelle dédiée à la Vierge. Au centre de la peinture, un mat et un treuil forment en V, séparant les scènes du naufrage et de la construction.

En 1947, Luc Barbier reçoit la commande d’une fresque, pour l’église de Blandin il se fera seconder par ses deux fils aînés. Il écrit dans ses mémoires : « Nous sommes depuis le 31 juillet à Blandin chez la Mère Cuzin aux yeux indulgents, au mari rond et rouge, brave bloc de paysan. La vie est agréable. Dans la chambre deux lits, dont un gémissant au moindre effleurement, puis une commode ex-belle, mais que les tarets et autres vers de bois ont plus taraudé que Paris avec le Métropolitain ou Rome avec les catacombes. Puis une glace défraîchie, vespasienne de mouches, où se sont mirées des grands-mères ».

« Ma décoration sur le mur du fond du cœur prend corps, tons vifs et plats, sur fond or. Les chevaux verts de l’apocalypse enlèvent leurs cabrements ou leurs ruades sur fond noir. Le Christ en croix au centre porte ses plaies comme un roi porte des rubis ».

« La sacristie, naïve, donne par une porte arrondie sur un jardin vert … L’horloge de la tour, tourne imperturbablement dan sa boite de vitrée. Le marteau frappe la cloche qui résonne interminablement. Par gaminerie à la main, j’ajoute un coup. Ce qui fait midi au lieu de onze heures. Le village n’y comprend rien : la ménagère qui se croit en retard active le repas ; le laboureur, s’arrête et rentre à la maison manger la soupe ; le maire avance sa montre ; le scieur de long s’arrête et ouvre son bissac ; la nonne récite l’angélus ; le chien s’en fout, et moi je prends faim ».

© Texte extrait de l’ouvrage « Voyages à ma porte » avec l’aimable autorisation des auteurs.

Sources : Livre « Luc Barbier » par Ricky Barbier

Chapelle-Notre-Dame-de-Milin-photographie-Michel-Sainquentin.jpg
Eglise-de-Blandin-Photo-Michel-Sainquentin.jpg
Eglise de Burcin