Maison APPRIN

Maison Apprin

Il est une maison à Virieu située au n°126 de la rue Carnot, qui attire les regards des villageois et des touristes soit de par le caractère atypique de sa construction, soit de part une pierre d’angle portant la date 1747 gravée au-dessous d’une niche renfermant une statue religieuse. Mais aussi, du fait de la présence d’appareillages de pierres inclus dans la façade. Cette demeure bourgeoise a appartenu au marchand drapier Apprin. Les linteaux de pierres en cintres surbaissés que l’on peut y observer sont les entrées originelles de son commerce durant la Révolution française. Cette battisse à connue des épisodes tragiques qui méritent d’être connus.

L’exécution du Roi Louis XVI, en mars 1793, furent suivie dans toute la France d’une période trouble désigné sous le nom de « Terreur ». L’exercice de la religion fut interdit, les biens du clergé saisis, et les religieux durent renoncer à leur fonction. Les citoyens suspects étaient inscrits sur des listes pour être emprisonnés, déportés ou exécutés. A la suite de son inscription comme suspect, François Apprin, fut arrêté et incarcéré à La Tour-du-Pin. Son crime était d’avoir reçu chez lui des prêtres réfractaires, et de leur offrir sa maison pour administrer les sacrements aux fidèles. Il réussit à s’échapper et trouva refuge en Suisse. Quelques mois plus tard, grâce à des démarches en sa faveur et à une caution de trois milles livres que M. Dessay, juge de paix à Moirans, offrit pour lui, il obtint sa radiation et l’autorisation de rentrer à Virieu. Il continua néanmoins à y être la providence des prêtres persécutés pendant la terreur et à leur donner asile chez lui ou dans des maisons sures.

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.