Maison Vachon de Belmont

De sable à la vache d’or

A Virieu, une belle et imposante demeure a appartenu à une vieille famille dauphinoise, les Vachon. Le seigneur de Vachon de Belmont avait son fief à Belmont, sur le canton du grand-Lemps. Il était aussi seigneur de l’Epinay, sur la commune de Blandin.

En 1295, le noble Antoine de Vachon, sieur de Soivieux est nommé par la communauté de Virieu administrateur du bénéfice des âmes de l’hôpital de la Magdeleine à Chélieu. Antoine de Vachon combattit aux côtés de François 1er en 1510 à Marignan. C’est un de ses descendants, Jean de Vachon, que l’on retrouve à Virieu comme possesseur des deux moulins établis sur les bords de la Bourbre dans les années 1568. A cette époque, ce dernier était Conseiller au Parlement de Grenoble. Les armoiries de la famille de Vachon, « de sable à la vache d’or » sont encore visibles, sculptées dans un linteau de pierre d’une cheminée et contre la face d’un bassin de cette propriété à Virieu. Une plaque de cheminée du château de l’Epinay, à Blandin comporte également ces armoiries des Vachon, une famille des plus illustres parmi les parlementaires du Dauphiné.

Plus récemment, c’est dans cette maison que résida la famille Poulet, exploitant une carrière au-dessus du village. Ils eurent la douleur de perdre deux de leurs enfants, « morts pour la France » : Léon, fils aîné mobilisé pour «la Grande Guerre », fut tué au front le 8 août 1918 à l’âge de 21 ans dans le petit village de Louvrechy, au sud d’Amiens. Il repose au proche cimetière de Neuville-sire-Bernard (Somme). La Seconde Guerre mondiale enleva à la famille un deuxième enfant à l’âge de 26 ans, Jean, le 7 juin 1940, mort aux combats dans le village de Presle-et-Boves (Aisne), à 100 km du lieu où son frère aîné fut inhumé.

Au lendemain de la déclaration de la guerre du 3 septembre 1939, les autorités avaient réquisitionné les chevaux : A Virieu, c’est sous la halle que tous les propriétaires du canton durent présenter leurs bêtes. Un capitaine accompagné d’un vétérinaire et du maire de la commune sélectionnèrent les chevaux les plus aptes pour les besoins de l’armée. Celui de la famille Poulet fut prélevé comme de nombreux autres.

Histoire incroyable : au début de l’année suivante, Jean, envoyé sur le front, retrouva son cheval qui reconnut lui aussi la voix de son ancien maître : aucun des deux ne revinrent à Vireu…

 

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.