Rivat des pâtes

Rivat des pâtes

Il est des métiers qui peuvent influencer le destin des hommes, et d’autres parfois être à l’origine de sobriquets dont les origines se perdent dans la nuit des temps.  Marie et René Rivat du hameau de Planchartier à Virieu ne se doutaient pas qu’en exerçant une petite activité professionnelle complémentaire ils allaient se voir attribuer un nom à particule.

Tout en se consacrant à l’exploitation d’une fermette et en produisant des plants de légumes destinés aux habitants du village ils eurent l’idée, tant pour arrondir leurs moyens de subsistances que pour soulager la faim de leurs prochains de se lancer dans la fabrication artisanale de pâtes alimentaire. Bien qu’ils ne fussent nullement d’origine italienne, Marie et René construisirent un ingénieux système de rouleaux qui leurs permis de fabriquer de grandes plaques de pâte. Ceux-ci comportaient pour certains des rainures permettant de varier la forme des pâtes désirées.

Il faut dire que la faim justifiait les moyens en cette époque de disette et de restrictions, la Seconde Guerre mondiale avait fait naître toutes sortes d’activités parallèles et de métiers de substitutions. L’ingéniosité et l’utilisation d’ersatz permirent de survivre tant bien que mal. La farine étant rationnée et rare, les gens de la vallée amenaient leur farine à Marie et René qui y ajoutaient les œufs de leur poulailler. Quelques jours plus tard les pâtes étaient prêtes. Cette petite activité perdura encore quelques années après la fin du conflit. Mais longtemps après, pour parler de Marie et de René, les gens de la région les appelaient au nom de « Rivat des Pâtes », au grand étonnement des non-initiés.

 

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.