Jean-Marie Breillet - Galochier
Il était un petit cordonnier
Il est une petite construction située entre le n° 72 et le n° 124 de la rue du château à Virieu dont la porte donnant sur la rue est restée close depuis un demi-siècle. Ce cabanon pas plus grand qu’un mouchoir de poche a, de part son activité passée contribué à une activité ayant fait la renommé du village de Virieu et de la vallée de la Bourbre. C’est en effet là que Jean-Marie Breillet artisan cordonnier-galocher, « montait » les galoches pour la fabrique de galoches Blanc et Terrasse de Virieu.
La galocherie confectionnait la partie supérieure en cuir formant « la tige » et approvisionnait les semelles en bois « les galochons » qu’elle faisait fabriquer par les menuiseries de la vallée. Les « monteurs », venaient enlever à la fabrique ces éléments et les assembler par clouage dans leur domicile. Tout au long de la journée et jusqu’à des heures avancées de la nuit, l’on pouvait entendre, dans le cabanon de Jean-Marie le bruit caractéristique de son marteau enfonçant des milliers de pointes. Il en était de même dans de nombreux foyers de la vallée. Un signe que l’industrie de la galoche était importante est, que la livraison des pointes représentait un wagon entier en gare de Virieu. Dans les années 1290, l’activité de la galocherie était telle que la fabrication de ces chaussures à semelles de bois, s’exportait dans la France entière, ce qui faisait dire alors que « Virieu était la capitale de la galoche ». La production employait plus d’une centaine de personnes dans la vallée. Mais, à partir de 1950, leur usage tomba en désuétude et, en 1959, la galocherie dut fermer ses portes, mettant ainsi fin à une activité dont on a du mal aujourd’hui à en mesurer l’importance. Jean-Marie continua quelques temps son activité de cordonnier et un jour ferma la porte du cabanon à tout jamais. Enfin presque … En 2020, les nouveaux propriétaires de la maison dite de Vachon de Belmont, émus par le passé du cabanon décidèrent de redonner une âme à l’atelier du monteur de galoches Jean-Marie, en le réaménageant en un petit lieu de mémoire.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.