Une école ménagère
Lorsque, en mai 1942, les premières sœurs de la Congrégation des « Ursulines du Cœur de Jésus agonisant » venant de Pologne ont pris la direction de la « Maison du Repos de l’ouvrière » de Virieu, elles succédèrent aux sœurs de Notre Dame des apôtres. Elles reprenaient en même temps le cours ménager rural que celles-ci avaient organisé dans le cadre du « retour à la terre » préconisé par le gouvernement d’alors. Ensuite sera créé « l’école ménagère ». La rentrée de 1942/1943 se fit avec des jeunes filles que leurs parents cherchaient à mettre à l’abri pendant cette période troublée. La fin des hostilités permit enfin de réaliser concrètement le but premier du Foyer Rural : donner une formation à la fois pratique, sociale et spirituelle aux jeunes filles rurales de Virieu et des villages environnants, pour une préparation à leur vie de future d’épouse et de mère en milieu agricole.
En 1955, ayant eu l’opportunité d’acquérir une maison au 166 rue Carnot, au cœur du village, avec potager et verger, le Centre rural s’y installa. A la même époque la formation devenait dépendante du Ministère de l’Agriculture et les examens de fin d’année se passaient sous son contrôle. Des monitrices furent engagées. Le Centre ménager rural « Notre Foyer » perdura encore vingt ans. Mais les circonstances évoluaient, l’enseignement général obligatoire était devenu plus long, des centres d’Etat gratuits étaient nés. D’autre part, le diplôme de fin d’études, bien qu’officiel, ne donnait pas de débouchés de travail rémunéré. On décida la fermeture à la fin de l’année scolaire 1976/1977. La maison fut ensuite louée à une organisation caritative pour handicapés qui y demeura plusieurs années jusqu’à son utilisation comme maison de retraite pour les religieuses.
Il faut rappeler les bonnes relations entretenues par les religieuses avec les habitants, les visites aux malades, les soins aux personnes âgées de la région à la maison de retraite, pendant des années le patronage des enfants, plus tard la catéchèse, et l’aide spirituelle dans les paroisses environnantes. Les nombreuses années passées ensemble resteront toujours un souvenir heureux pour les quelques religieuses qui profitent d’une retraite bien méritée, et pour tous les habitants de la vallée de la Bourbre qui connurent les premières « Ursulines grises » et lièrent avec elles des liens d’amitié durables.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.

