Une fonderie
Constant Bernard-Colombat est né à Virieu en 1909. Ses parents originaires de Savoie étaient venus s’installer comme fermiers au hameau de l’Epinay sur la commune de Blandin. C’est à l’âge de quatorze ans qu’il commencera à travailler dans l’usine de tissage Favot-Lefèvre à Panisage et ensuite comme maçon, peintre, plâtrier et ce jusqu’en 1949. C’est à cette date que son neveu, Jules Saulce, proriétaire de la fonderie éponyme à Voiron lui conseilla de travailler avec lui. Il ira apprendre le métier de fondeur-mouleur-noyauteur dans l’entreprise spécialisée dans réalisation de pièces en aluminium ou en bronze.
Quelques années plus tard, il construira lui-même – dans son domicile situé au 98 de la rue de Barbenière à Virieu – un petit four en briques réfractaires destiné à fondre de l’aluminium. Et il se mettra à son compte comme artisan fondeur, en travaillant en partie en sous-traitance pour son neveu en réalisant des petites pièces. Et pendant quinze années l’aluminium en fusion coulera dans les moules réalisés par Constant.
La technique employée était celle du moulage au sable. Le sable silicaux-argileux légèrement humidifié permettait d’obtenir après son tassage autour d’un modèle en bois l’empreinte de la pièce à réalisée. Le sable était ainsi compacté dans deux cadres bois qui formaient le moule du fond et le moule du dessus. Des orifices de coulée et d’évent permettaient au métal en fusion de remplir le moule et aux gaz et à l’air de s’évacuer au moment de la coulée.
Le four était chauffé avec du coke et l’aluminium déposé dans le creuset était porté à une température d’environs 700°. Le métal en fusion était alors puisé à l’aide d’une louche et versé dans le moule par le trou de coulée en forme d’entonnoir pratiqué sur le dessus du moule. La coulée se faisait par gravité. Une demi-heure plus tard, le métal s’étant solidifié, le moule était détruit et la pièce obtenue était débarrassée du sable brûlé qui l’entourait.
Ces petites séries de pièces étaient destinées pour certaines aux établissements Allimand, à Rives-sur-Fure ou Badin à Bourgoin-Jallieu. Parallèlement, Constant fabriquera d’une manière tout artisanale les plaques mortuaires destinées à être déposée sur les tombes des défunts. Celles-ci comportaient : le nom, date de naissance et décès. Ces plaques en forme de cœur sont encore visibles dans les cimetières. C’est sur un modèle en bois, que Constant collait avec de la cire chaude des lettres et chiffres en plomb, pour obtenir après coulage du métal, l’empreinte des inscriptions et de la plaque mortuaire à réaliser.
© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.