Une sainte presque Viriaquoise

Une sainte presque Dauphinoise à Virieu

Il y a un peu plus de 150 ans, naissait Julie Ursule Ledochowska. Le parcours de celle qui deviendra la fondatrice de la « Congrégation des Ursulines du Cœur de Jésus agonisant » est exemplaire. Quel lien étroit unit donc à la vallée de la Bourbre celle qui sera canonisée par le Pape Jean-Paul II?

Qui était Ursule Ledochowska ?

Julie Ledochowska naquit le 17 avril 1865 en Autriche. A l’âge de 21 ans, elle devint religieuse à Cracovie en Pologne. A 42 ans, elle fut envoyée en Russie, d’où elle en fut expulsée à la veille de la première guerre mondiale. Exilée, les évènements l’entraînent à fonder une nouvelle famille religieuse : Les Ursulines du Cœur de Jésus agonisant. Elle accueillera un millier de Sœurs sans autre bagage que le désir de servir Dieu : en Pologne dans les régions déshéritées de l’est, en Italie dans les bidonvilles de Rome et en France parmi les ouvrières des usines de textiles. Celles que l’on appelait ici les « Ursuline grises » avaient pour mission d’aider leurs compatriotes, jeunes filles pour la plupart orphelines, ayant quitté la Pologne pour venir travailler dans les usines de tissage alors en pleine expansion. 

Parallèlement et à la même époque, dans les années 1920, Mesdemoiselles Poncet et Torchon avaient fondé à Coublevie la « Maison du repos de l’ouvrière » pour venir en aide aux ouvrières sans ressources. Ces dernières travaillaient dans les usines de soierie et de tissage de la région voironnaise. En 1936, cette fondation caritative fut transférée à Virieu et longtemps tenue par les sœurs de la Providence de Corenc, puis par les sœurs des Apôtres, durant une année.

Des sœurs polonaises à Virieu

Mesdemoiselles Poncet et Torchon rencontrèrent en 1931 Sœur Ursule Ledochowska ; cette rencontre scellera le devenir de la maison du repos de l’ouvrière de Virieu et de la congrégation des religieuses polonaises. En mai 1941, celles-ci vinrent s’installer à Virieu et prirent la gestion de la vénérable institution. Sœur Ursule ne connaîtra pas le résultat du fruit de sa rencontre, car elle mourut deux années plus tôt, le 29 mai 1939, à Rome. Sa grande piété et son immense bonté ont été sanctifiées à Saint-Pierre de Rome le dimanche 18 mai 2003 par le pape Jean Paul II, qui l’a canonisée comme « Sainte Ursule Ledochowska ». Les sœurs de la communauté des Ursulines de Virieu et de Lyon étaient toutes présentes pour cette célébration en l’honneur de la fondatrice de leur ordre.

La congrégation aujourd’hui

Réparties dans 15 pays des cinq continents, elles sont neuf cents sœurs, dont 19 en France ( 11 sont d’origine polonaise) . A Virieu, elles ne sont désormais plus que 4, s’occupant de la paroisse. Leurs aînées reposent dans le cimetière du village, où l’on peut lire, gravés dans le marbre, plus de 33 noms à consonance polonaise.

© Texte extrait de l’ouvrage « Nos maisons racontent » avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Sources : Congrégation des Sœurs Ursulines, Val-de-Virieu